Réguler la financiarisation de l’économie
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Les analyses économiques de Joseph A. Schumpeter ne se limitent pas au rôle clé de l’entrepreneur dans le processus d’innovation. En effet, ces réflexions dépassent la sphère de l’économie réelle et sa vision du capitalisme englobe l’existence d’un système bancaire qui assure le financement de l’innovation. Considéré comme l’un des principaux promoteurs de la finance au début du XXe siècle, il a insisté dans l’ensemble de son œuvre sur l’importance de la monnaie et des marchés monétaires et financiers dans l’accomplissement des activités innovantes, source majeure de la croissance. En 1911, il soutenait que les services fournis par les intermédiaires financiers comme la mobilisation de l’épargne, l’octroi de crédit, la gestion des risques, etc. étaient essentiels pour stimuler l’innovation technologique et la croissance économique via l’allocation efficace des ressources. Cela étant, dans l’approche de Schumpeter l’accent est mis sur l’octroi de crédit plutôt que sur le mécanisme de mobilisation de l’épargne.
L’intuition de Schumpeter sur le poids de la finance dans les innovations et le développement économique a été reprise dans les années 1990. Ainsi par exemple, la contribution de Bencivenga et Smith (1991) est une référence de premier ordre dans la littérature sur le lien entre croissance et système financier. Ces deux économistes à travers un modèle d’équilibre général relatent les effets de l’intermédiation financière sur le taux de croissance d’une économie en encourageant le déplacement des actifs liquides peu productifs vers des actifs moins liquides mais plus productifs.
La montée en puissance de la finance dans un contexte de globalisation a créé une situation entièrement nouvelle, dont il est urgent de prendre l’exacte mesure eu égard aux risques pesant sur la stabilité financière. Pour éviter ces risques, une régulation de la financiarisation de l’économie s’impose.
Ni ultralibéralisme ni collectivisme
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La pandémie du Coronavirus qui a débuté en Chine a suscité la psychose, ébranlé l’économie mondiale et entraîné une remise en question de la mondialisation.
Le concept de mondialisation est la traduction de « globalization » en anglais. Certains dénoncent une mauvaise traduction de « « globalization ». Fernand Braudel, dans la Méditerranée, utilise le concept « d’économie-monde » (« Weltwirtschaft ») et le professeur canadien Marshall Mac Luhan (1971) emploie le terme de « village global » ou « village planétaire ». Les concepts de «globalization » et « mondialisation » ont fait débat non seulement parce qu’ils ne recouvrent pas la même sémantique mais nous observons également que l’objectif de la mondialisation fixé au départ a été détourné. En effet, à l’origine la mondialisation avait pour but de réduire l’écart entre le Nord et le Sud. Comme le rappelle Jean-Robert Henry, directeur de recherches à l’Institut de Recherches et d’Etudes sur les Mondes Arabes et Musulmans (IREMAM) à Aix-en-Provence, « un premier moment de la pensée mondialisante, curieusement refoulé aujourd’hui par beaucoup d’analystes, a été celui d’une mondialisation optimiste et universaliste. Consécutive au mouvement de décolonisation, elle était centrée sur l’espoir d’un développement pour tous grâce à une mise en œuvre de la solidarité mondiale ». La mondialisation a pris un autre tournant.
Après avoir examiné les échecs de la mondialisation ultralibérale et les méfaits du collectivisme, nous montrerons qu’une autre voie est possible.
Virus informatique, virus biologique : qu’en est-il du principe de précaution ?
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En décembre 2019, un virus inconnu, de la famille des coronavirus, est apparu dans le centre de la Chine, dans la ville de Wuhan. Baptisé temporairement « 2019-nCoV », il est appelé désormais Covid-19. La Chine a pris des mesures de quarantaine et de désinfection, mais le virus s’est répandu partout dans le monde, sans doute en raison entre autres des nombreux déplacements qui n’ont pas été interrompus malgré l’annonce de l’épidémie. Il suscite la psychose et ébranle l’économie mondiale. Début mars, l’Europe est devenue le nouveau foyer du Covid-19.
Face à cette pandémie, d’aucuns s’interrogent d’une part sur les analogies entre les virus biologiques et les virus informatiques et d’autre part sur la capacité des autorités sanitaires à affronter cette crise sanitaire de grande ampleur.
Le point crucial consiste à s’interroger sur la mise en œuvre du principe de précaution par les pouvoirs publics lors de l’apparition du premier cas de Covid-19 en France.
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Taux négatifs et Coronavirus
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- Écrit par Jean-Jacques Perquel
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Avant l’arrivée du Coronavirus, on avait depuis quelques années une situation inédite caractérisée par un effondrement des taux, une absence d’inflation et même dans certains pays des taux négatifs. Cela s’est produit dans une conjoncture marquée par une certaine différenciation dans les évolutions des pays, certains d’entre eux résistant mieux que d’autres au petit ralentissement actuel (Cycle de Juglar ) par un retour à un renforcement du protectionnisme (avec le risque que par réciprocité on arrive à créer une véritable récession).
Arrive alors le « Coronavirus qui se répand dans le monde entier et remet en cause le modèle économique de la période 2.000/2.020. Pour étudier la situation actuelle il nous faut analyser celle qui existait avant l’apparition de la maladie, ses effets sur le plan économique et ses conséquences possibles.