Les enjeux et les risques d’une monnaie numérique de banque centrale
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- Écrit par Nadia Antonin
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Remarques liminaires
Concernant le concept « Digital Central Bank Currency »/DCBC) », nous avons observé que dans certains rapports et publications, celui-ci était traduit par « monnaie digitale de banque centrale ». Cette traduction est incorrecte. Le Petit Robert rappelle que la recommandation officielle est « numérique » et le Larousse précise que « digital » est déconseillé et vieilli.
L’adjectif digital en français signifie « qui appartient aux doigts, se rapporte aux doigts ». Il est issu du latin digitalis « grosseur d’un doigt », lui-même dérivé de digitus, « doigt ». De ce concept latin, a été tiré « digit » en anglais ayant deux sens : le premier est « chiffre », le second « doigt » et digital, qui signifie « numérique ». En restant dans la même famille de « digital » , il faut remplacer « digitaliser » et « digitalisation » par « numériser » « et numérisation ».
1. Le concept de monnaie numérique de banque centrale
A. La notion de monnaie numérique
Kath Lockett, journaliste à l’Organisation internationale de normalisation (ISO) définit la monnaie numérique comme « un type de monnaie - ou devise – disponible sous forme électronique, contrairement aux objets physiques tels que les pièces ou les billets ».
Contrairement à la monnaie dite « réelle », la monnaie numérique ou cryptomonnaie comme le bitcoin ou la libra par exemple, ne dépend d’aucune banque centrale ou institution financière. Non régulée par une autorité centrale mais gérée par un algorithme complexe, sa valeur évolue en fonction de l’offre et de la demande via des sites internet qui font office de bureaux de change. Le protocole d’échange totalement anonyme est basé sur le réseau « peer to peer » (« pair à pair »). Une transaction bitcoin est basée sur la technique du minage et sur la technologie blockchain. Une fois créés, les bitcoins sont stockés sur le disque dur de l’ordinateur de leur propriétaire dans un porte-monnaie virtuel et peuvent être échangés avec un tiers. Les transactions sont anonymes car les échanges se déroulent sans passer par les banques, les comptes ne sont pas enregistrés et les bitcoins sont transférés directement d’un ordinateur à un autre. Les transactions sont plus rapides et moins onéreuses qu’avec les moyens de paiement traditionnels mais le système bitcoin ne garantit pas la sécurité en cas de perte, de vol ou de fraude. Il s'agit d'un système décentralisé dans lequel les échanges se font directement d’ordinateur à ordinateur sans passer par les banques.
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Le futur des biotech françaises : De la relance à la reconquête
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- Écrit par Daniel Bretonès
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L’absence d’entreprises françaises parmi celles capables de mettre rapidement sur le marché un vaccin efficace contre le SARS-CoV-2 a surpris les commentateurs qui s’appuient sur leur connaissance du grand groupe mondialisé qu’est Sanofi (36 Milliards € de CA et 7,28 milliards de bénéfice net en 2020). Ils ont été déçus lorsqu’ils ont appris que le vaccin de Sanofi ne serait pas disponible avant 2022 et que l’Institut Pasteur de Lille en partenariat avec le groupe Merck annonçait la fin des essais cliniques de son vaccin expérimental sur le SARS-CoV-2.
Ce sont deux jeunes pousses, l’une allemande « BioNTech » avec Pfizer et l’autre américaine « Moderna » qui ont produit les vaccins innovants à base d’ARN messager (ARN-m) capables de juguler le virus à plus de 94 %. Outre le succès technologique et industriel que représente la mise en production rapide de ces vaccins les retombées sont économiques pour ces deux entreprises et vont se chiffrer par milliards de dollars pour les deux gagnants (15 milliards de dollars de CA supplémentaires générés par Pfizer et Moderna et prévus pour 2021).
Au pays de Pasteur dont les chercheurs François Jacob et Jacques Monod de l’Institut Pasteur démontrent l’existence de l’ARN m en 1961, c’est la stupéfaction. Leurs travaux sont à l’origine du Prix Nobel de physiologie et de médecine qu’ils obtiennent en 1965 avec André Lwoff sur le sujet.
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MV=PT secouée par le numérique ?
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- Écrit par Bernard Biedermann
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La fameuse équation M.V = P.T issue des réflexions des monétaristes les plus connus, David Hume, John Hicks et Milton Friedman, synthétise un lien théorique selon lequel : à vitesse de circulation (V) et volume de transactions (T) constants, la hausse de la monnaie en circulation par la Banque Centrale (M) se traduit par une hausse globale des prix. Cette théorie a pu être vérifiée empiriquement de 1960 à 2007 sur des économies en fonctionnement normal.
A partir de 2008, des études ont montré que le niveau d’augmentation des prix s’est décorrélé de la hausse de la masse monétaire (M à 8 % et P à 2%) qui est continue jusqu’en 2020. Cette décorrélation a donné lieu à plusieurs interprétations. Pour les monétaristes, V et T étant constant sur le court terme, c’est M qui agit sur P alors que pour les keynésiens c’est le système des prix qui agit sur M.
Depuis 10 ans, les banques centrales (États Unis, Japon, Europe), utilise le Quantitative Easing, (en français « assouplissement quantitatif ») l’instrument qui favorise la création monétaire directement et indirectement et qui avait pour objectif de relancer l’investissement par des taux d’intérêt bas et par une relance globale. Les montants ont été très importants. De 2010 à 2014, 3500 milliards de dollars par la FED et 2600 milliards de titres achetés par la BCE depuis 2015. En termes de croissance et d’inflation les résultats sont plutôt mitigés, mais quel aurait été le scénario si rien n’avait été fait ?
Le déclin de la classe moyenne supérieure
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- Écrit par Nadia Antonin
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Les classes moyennes supérieures, qualifiées également de ménages aisés, font partie des 20 % de la population française dont le revenu est supérieur à 2 300 euros par mois. Situés entre les très riches partis en exil fiscal et les moins riches qui bénéficient des politiques de solidarité, les classes moyennes supérieures sont « matraquées fiscalement » comme le déclare Virginie Pradel, présidente de l’institut de recherche fiscale et économique de l’Institut fiscal Vauban. Cette dernière explique ce matraquage fiscal « par le fait que ces derniers (NDL : les Pouvoirs Publics) ont bien compris qu’ils ne pouvaient plus s’acharner exclusivement sur les « riches », lesquels constituent, en raison de leur expatriation, une espèce de contribuables en voie d’extinction. Restaient et restent donc à dépouiller les classes moyennes supérieures que l’on pourraient schématiquement présenter comme pas assez pauvres pour passer sous les fourches caudines de notre fiscalité, et pas non plus assez riches pour partir ou investir dans des œuvres d’art défiscalisées, lesquelles demeurent toujours l’apanage des contribuables les plus aisés. Les classes moyennes supérieures sont devenues les « vaches à lait » de la fiscalité. Alors qu’elles sont le maillon le plus solide de la société française, elles s’interrogent aujourd’hui sur leur devenir.
Dans un rapport intitulé « Sous pression : la classe moyenne en perte de vitesse », publié par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) en mai 2019, les auteurs s’intéressent à la « pression » que les citoyens se situant au milieu de l’échelle sociale subissent depuis les années 1980. Ils révèlent que le constat est alarmant.
Face à ce constat, il faut revoir les discours alarmistes sur les inégalités en France car les prestations sociales et les prélèvements ont permis de réduire l’écart de niveau de vie des Français entre classes moyennes et classes populaires.
En outre, depuis quelques années, nous observons que les classes moyennes supérieures sont déclassées alors que les riches sont toujours plus riches (voir le rapport de l’ONG Oxfam sur les inégalités publié le 25 janvier 2020).
Ainsi, après avoir démontré que les politiques fiscales et sociales menées depuis quelques années ont conduit à un délitement des classes moyennes, en particulier supérieures, nous réfuterons une société dans laquelle les classes moyennes ayant disparues, il ne restera plus que des riches et des pauvres.