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Catégorie : Bernard Biedermann
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Cet article suggère une autre vision de l’analyse économique qui tienne compte des comportements actuels des entreprises pour ce qui concerne les prix et les productions.

La plupart des entreprises déterminent les prix de vente de leurs produits et services et leurs niveaux de production dans le cadre d’une stratégie marketing. Ce n’est plus la logique de la loi de l’offre et de la demande qui déterminent les niveaux des prix et des ventes. Il faut néanmoins nuancer : les marchés de l’alimentaire de base, celui de la bourse, celui des matières premières au niveau international, celui des femmes de ménages, une partie des marchés dans la grande distribution, et bien d’autres fonctionnent toujours d’une manière comparable à la loi de l’offre et de la demande et intègrent les hypothèses d’atomicité, de perfection de l’information, de concurrence logique, d’entrées rapides sur les marchés, comme dans les théories néo-classiques. La loi de l’offre et la demande n’a pas complètement disparu, car dans les réflexions qui précèdent les prises de décision concernant les déterminations des prix et des quantités à produire, les responsables s’en inspirent pour construire leur stratégie de marketing ; La logique de l’offre et la demande fonctionne, plus ou moins bien, dans la tête des décideurs et non plus dans un marché théorique. Ces stratégies de marketing concernent les produits et services à composants industriels conçus avec des caractéristiques, des avantages, des atouts, bien plus nombreux et complexes que ceux des fruits et légumes vendus dans des marchés internationaux, qu’il s’agisse des voitures, des réveils matin, des prestations de services dans l’informatique et les télécom, c’est-à-dire d’une grande part des produits et services qui composent le PIB.

1 - Fonctionnement des oligopoles et théorie des jeux

Les théories de l’oligopole et celles des jeux, utilisées pour expliquer les fonctionnements de détermination des prix et des quantités produites ont pour intérêt l’analyse des marchés de produits et services industriels sophistiqués pour plusieurs raisons :

L’observation des comportements, conduit cependant à nuancer les vérifications empiriques des théories de l’oligopole du fait que :

L’hypothèse de maximisation du profit est certes réaliste dans la logique de la théorie de détermination des prix d’oligopole, mais souvent trop simpliste lorsqu’il s’agit d’analyser les logiques de comportements dans la réalité. L’Objectif de Taux de Marge, (OTM) intégré dans les business plans, constitue une meilleure variable explicative.

2  - Rôle du plan d’affaires

Le plan d’affaires est élaboré par les directions de marketing en relation avec les directions, de l’ingénierie, des finances, de la production, de la distribution et de la communication pour préparer le lancement d’un nouveau produit ou service. Puis, il est mis à jour régulièrement tout au long de la vie du produit ou du service. Dans les entreprises ce dossier est conçu avec beaucoup de sérieux, mais pas forcément dans tous les cas. Le business plan intègre plusieurs documents pour élaborer les décisions :

Ainsi le business plan, devrait être considéré comme un des fondements principaux de l’analyse économique pour une vision globale, macroéconomique, de la conjoncture à court terme et à long terme. Il aide à réduire le niveau d’incertitude dans la tête des décideurs.

3 - Variables macro-économiques suggérées

4 - Relations de causalités entre variables

Variables externes qui influencent les anticipations :

Le positionnement des marchés corrigés et anticipés par rapport au marché potentiel macro-économique est un calcul utile mais difficile.

Concernant les décisions sur le capital de production, il convient de distinguer les investissements nécessaires à une augmentation de la production des mêmes produits en tenant compte des matériels à remplacer, les investissements pour fabriquer de nouveaux produits et les investissements visant à augmenter la productivité globale. Les décisions relatives aux nouveaux produits sont plus difficiles à prendre et font l’objet de délais plus longs. Bien entendu l’influence de l’incertitude est importante surtout pour les nouveaux produits …

Les niveaux des taux d’intérêt n’influencent pas beaucoup les décisions d’investissements compte tenu de leur faible part relative dans les coûts et par rapport aux objectifs de taux de marge. En revanche, ils constituent un signe global, susceptible d’expliquer les évolutions potentielles de la consommation. Il faut également intégrer le fait que les investissements actuels intègrent des contrats de services, de SAV, de télécom, de mises à jour, ce qui a bien changé par rapport au niveau d’amortissement du capital des machines d’autrefois.

La rigidité des prix est en partie déterminée par les stratégies de catalogues de prix et le fait que les business plans conduisent à un maintien de ce qui avait été conçu plutôt que des changements importants. On procrastine.

Sur le court terme, le niveau de l’emploi est peu corrélé à la production du fait de la rigidité des contrats de travail ce qui conduit à nuancer le principe de l’«effectiv demand» keynésienne dans laquelle les anticipations de la demande influencent essentiellement le niveau de l’emploi.

Les fluctuations, même faibles, des variables sur des courtes durées, qui n’avaient pas été prévues conduisent souvent à des révisions des anticipations avec d’éventuelles questions sur la stratégie initiale. Ces fluctuations améliorent les anticipations et sont préférables à une conjoncture restée stable sur la durée qui risque de subir une crise à laquelle personne ne s’attendait.

5 - Comparaison avec le trafic routier

De ce qui précède on pourrait comparer le fonctionnement de l’économie avec le trafic routier sur une autoroute. Les marchés potentiels sont les voies de circulation. On oublie les périodes d’observation, trimestres, années, décennies, car le temps est infini. Les chiffres d’affaires des entreprises sont représentés par la vitesse des véhicules. Comme pour les entreprises, il y a des petites, des moyennes, des grandes voitures, des camions et sont plus ou moins bien conduits, équipés de moteurs plus ou moins puissants, sont parfois en panne, … Il y a des entrées et des sorties d’autoroute, c’est-à-dire des créations et des faillites d’entreprises. Une voiture peut rouler très vite lorsqu’elle est seule sur une voie. Une entreprise peut faire un gros chiffre d’affaires lorsqu’elle est la première sur son marché. La distance entre les véhicules mesure le degré de concurrence Dans le cas ou beaucoup de voitures sont sur la même voie, les vitesses se ralentissent, il peut y avoir des bouchons qui souvent se déclenche rapidement mais se résolvent lentement. C’est comme pour les crises économiques qui se déclenchent rapidement et pour lesquelles il faut du long terme pour en sortir. Cela dit, comparaison n’est pas raison !

A lire également : Le marché de l’offre et de la demande a migré dans la tête des entrepreneurs :

https://theoreco.com/entreprise-microeconomie-marketing/le-marche-de-loffre-et-de-la-demande-a-migre-dans-la-tete-des-entrepreneurs-1246.html

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